• Amis d'Oiron
  • Quelques réflexions d'un membre de l'association ...

    « HIC TERMINUS HAERET »

    Une devise bien mystérieuse pour un lieu qui ne l’est pas moins.

    Claude Gouffier, seigneur de Oiron, est l’un des personnages les plus importants du royaume au milieu du XVIème siècle. En amateur éclairé des arts et des lettres anciennes, c’est lui qui est à l’origine de l’exceptionnelle galerie de peintures murales présente dans l’aile Renaissance du château sur le thème de la Guerre de Troie et de l’Énéide.
    Est-ce pour cela qu’il a pris pour devise ce vers de Virgile ?
    Il faut dire qu’à une époque où tous les « Grands » se devaient d’avoir la leur, ce « HIC TERMINUS HAERET » était suffisamment énigmatique pour en faire une devise idéale !
    De fait, les interprétations et les traductions peuvent être des plus variées :
    Dans le contexte de l’Énéide, ce vers peut signifier l’expression d’un destin ou d’une malédiction, en tous cas, d’une manifestation divine :
    « Si les dieux l’ont décidé ainsi, que le destin s’accomplisse ... »
    Ne peut-on y voir l’équivalent dans nos religions monothéistes ? « Que ta volonté soit faite ... »

    Les explications plus récentes ont pris cette maxime dans son sens littéral : « ICI EST LE TERME »
    Mais, là encore, la traduction laisse la place aux interprétations contradictoires !
    Faut-il y voir la marque d’un orgueil exacerbé ?
    L’œuvre accomplie à Oiron représenterait ainsi pour Claude Gouffier le summum de l’art, il serait enfin parvenu « au terme » de ses ambitions.
    Doit-on, au contraire, la prendre dans le sens opposé, comme une expression de sagesse ? « C’est à ceci que je me limite » ?
    Un sens plus métaphysique est également possible, le terme signifiant la fin (de la vie), pour Claude Gouffier la mort étant le terme de toutes choses.
    S’agit-il de l’interpréter dans un sens plus terre à terre ?
    Après avoir beaucoup voyagé, Claude Gouffier aurait tout simplement décidé de « poser ses valises » à Oiron et d’y finir ses jours ...

    Ami visiteur, puisses-tu repartir de Oiron plus riche de tes propres interrogations !